Le fondateur &
l'histoire d'une conviction

Entrepreneur depuis 2012, soit quatorze ans de parcours en 2026, Aaron KPOTCHIE a exercé dans l'entretien et le nettoyage de fin de chantier de construction. Son activité l'a mené sur des chantiers au Togo et au Ghana, et l'a amené à observer ceux du Bénin et de la Côte d'Ivoire. Trust Deal, fondée en 2026, est née de ce parcours de terrain.
Tout a commencé avec une porte d'armoire. En 2019, j'ai mis en relation un ami menuisier avec ma cousine. Elle avait besoin d'une porte pour son armoire en béton. Elle lui a remis l'intégralité de la somme — matériaux et main d'œuvre confondus — et a attendu. Elle attend encore. À l'heure où j'écris ces lignes, en 2026, cette porte n'a jamais été livrée. Ce n'était pas la première fois : moi-même, j'avais commandé à ce même ami un meuble de cuisine. Six mois de retard, six mois de relances et de promesses non tenues. J'ai finalement dû l'assister physiquement dans son atelier pour obtenir ce que j'avais pourtant payé depuis longtemps.
Depuis quatorze ans, j'exerce dans le secteur de l'entretien et du nettoyage, intervenant régulièrement en fin de chantier de construction. J'ai travaillé au Togo, au Ghana, et assisté à des chantiers au Bénin et en Côte d'Ivoire. Et partout, le même constat s'est imposé avec une régularité déconcertante : un artisan qui encaisse et disparaît, des délais non respectés, une prestation bâclée, une somme versée qui ne reviendra jamais. Ce n'est pas un problème togolais, ni seulement ouest-africain. C'est un problème africain — profond, structurel, quotidien.
La clé est venue du Canada. En 2021, dans le cadre de démarches pour suivre une formation, j'ai découvert un mécanisme que je ne connaissais pas : l'escrow. Le centre de formation exigeait que les étudiants étrangers déposent leurs frais de scolarité sur un compte séquestre. Ces fonds étaient bloqués — ni l'étudiant ne pouvait les reprendre, ni l'établissement ne pouvait y toucher. Si le visa était accordé et l'étudiant arrivé sur le territoire, les fonds étaient versés à l'établissement ; si le visa était refusé, l'argent était intégralement restitué. J'ai trouvé cela extraordinaire : simple, juste, protecteur pour les deux parties, sans ambiguïté.
C'est à ce moment précis que les deux réalités se sont percutées dans mon esprit : le problème du menuisier d'un côté, la solution canadienne de l'autre. Et si on appliquait ce principe au quotidien des transactions africaines ? Au charpentier, au maçon, au peintre, au développeur web, au vendeur de téléphone d'occasion ? À toutes ces transactions où la confiance fait défaut et où l'absence de cadre détruit des relations, des projets et des économies ?
« La confiance ne devrait pas être un luxe. Elle devrait être un cadre. »
Le déclic est venu en 2024 : j'ai commencé la rédaction. Puis, début 2026, une conviction, une urgence s'est emparée de moi. Depuis, je travaille sur ce projet jour et nuit. TRUST DEAL n'est pas né dans un bureau de consultant ni dans une étude de marché. Il est né d'une porte non livrée, de six mois d'attente pour un meuble de cuisine, de quatorze ans de terrain sur des chantiers africains, et d'un formulaire d'inscription à une école canadienne.
Ce cadre, TRUST DEAL le construit aujourd'hui pour le Togo. Demain, pour le Bénin. Après-demain, pour l'Afrique entière. Parce que la douleur observée pendant quatorze ans à Lomé, je l'ai retrouvée à Accra et à Cotonou, et je sais qu'elle existe à Abidjan, à Dakar, à Kinshasa, à Nairobi. Le problème est continental ; la solution se doit de l'être aussi.